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Écrire à Théo Busch
THEO BUSCH : NOTES BIOGRAPHIQUES.
Né au Québec en 1976, à l'age d'à peine vingt ans et après d'innombrables tentatives infructueuses d'être heureux ailleurs dans le monde, il voit le jour, à l'instar de beaucoup de ses semblables de l'époque, à l'aéroport de Mirabel.
Ne parlant pas le français, il ne tarde pourtant pas à se mettre à la tâche : d'abord dans les hôtels d'un Abitibi étonné, où Théodore apprend ses premiers mots (" Je t'aime! T'es belle! Y reste-tu de la bière? "), il poursuit ses études en lisant les gazettes, la pinte de lait et une quantité inhabituelle de modes d'emplois de divers appareils ménagers, ce qui lui donna un premier aperçu de la prose québécoise. Viennent ensuite des lectures plus classiques - Franz Fanon, Victor Hugo, Voltaire, La Bruyère . . .
Outre ses origines Celtes dont il tient sans doute son penchant pour la résistance contre à peu près tout, le sang germanique coulant dans ses veines semble lui avoir transmis la mémoire des invasions barbares, certes, mais néanmoins victorieuses, de l'empire romain. Cette mémoire imprègne sa pensée d'une témérité telle qu'aucun obstacle, aucun tabou, ni censure ni critique, n'arrivent à ralentir sa conquête de domaines toujours plus vastes de la connaissance même la plus civilisée. N'étant ni de gauche, ni de droite, mais originaire du milieu artistique, il ne dédaigne pourtant pas de fréquents coups d'oeil à ses côtés, en avant, en arrière et parfois même vers le haut et vers le bas, ce qui expose sans cesse son esprit à des dimensions insoupçonnées du prisme d'une réalité d'ordinaire pourtant si banale.
Le fait qu'il ne connaît qu'à peine la langue dans laquelle il écrit ne le gêne point : les barbares, connaissaient-ils l'empire romain avant d'en prendre possession? Non. Un homme dévot, connait-il sa femme avant de l'épouser? Non plus. Un ministre, que connait-il de la mission de son ministère avant d'y être promu? Une chanteuse à Radio-Canada de la musique avant de la chanter? Un nouveau-né, ne se fait-il pas comprendre lorsqu'il a faim? Quand il en a marre?
Et c'est ainsi donc que Théodore prit sa plume, laquelle il manie parfois à la manière d'un archet de violon, parfois tel un glaive, mais toujours de façon glorieuse.
Puisqu'il souffre d'une soif chronique, entre autre, d'échanger et de vouloir partager les impressions de son voyage fulgurant à travers l'épaisseur infinie du présent, nous sommes heureux de l'accueillir parmi nos chroniqueurs sur ces pages et profitons par la même occasion de lui souhaiter la bienvenue.
Donc : bienvenue, Theo!
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